Le Finistère aligne plusieurs centaines de plages, des criques de poche du pays fouesnantais aux immenses estrans du nord. En sélectionner « les plus belles » est forcément un parti pris : voici le nôtre, construit sur des années passées sur cette côte, plage par plage, avec ce qui compte vraiment sur place : l’orientation, l’abri du vent, l’accès, la baignade.
L’essentiel en 30 secondes : pour une journée famille, visez le Cap Coz ou Beg-Meil (Fouesnant) ; pour l’eau turquoise, l’archipel des Glénan ; pour le surf et le spectacle, La Torche ; pour le décor brut du nord, Meneham à Kerlouan ; pour une grande plage sauvage, les Blancs Sablons au Conquet. Et non, la fameuse plage de l’île Vierge à Crozon ne se visite plus : accès interdit par arrêté, on vous explique pourquoi plus bas. Dernier conseil de local : le département est grand, ne visez pas plus de deux plages par jour, vous profiterez mieux de chacune.
Comment cette sélection est faite
Ce site est né à Beg-Meil, face à la baie de La Forêt : le Finistère sud est notre terrain de jeu depuis vingt ans, et le reste du département celui de nos week-ends. Les plages ci-dessous sont retenues sur des critères concrets : beauté du site bien sûr, mais aussi orientation au soleil, protection du vent dominant d’ouest, facilité d’accès et de stationnement, qualité de la baignade selon les marées. Aucun classement payé, aucune plage recommandée sans y avoir posé la serviette.
Quelles sont les plus belles plages du Finistère sud ?
La plage des Dunes à Beg-Meil (Fouesnant)
Notre photo de couverture, et notre madeleine : une longue bande de sable clair adossée aux ganivelles, ponctuée de roches de granit, avec une eau qui tire vers le turquoise sur fond de sable à marée haute. Orientée au sud-est, elle est remarquablement abritée du vent d’ouest : quand ça souffle ailleurs, il fait doux ici. À marée basse, le sable découvre largement et les enfants ont de quoi faire ; la cale et le sémaphore de Beg-Meil ferment la balade au sud.
Le Cap Coz (Fouesnant)
Une langue de sable posée entre la baie de La Forêt et l’anse de Penfoulic : plage en pente douce, eau calme, vue sur Concarneau. C’est LA plage familiale du secteur : baignade tranquille, école de voile, sentier ombragé juste derrière pour la sieste des uns et la balade des autres. Parking correct hors juillet-août ; en pleine saison, arrivez le matin.
Mousterlin et la côte des dunes (Fouesnant)
Entre la pointe de Mousterlin et Beg-Meil s’étire un cordon dunaire de plusieurs kilomètres, doublé par le sentier côtier et les marais du polder. Plus ventée que le Cap Coz, cette côte offre en échange l’espace : même au cœur de l’été, on trouve son coin de sable en marchant cinq minutes. Le combo balade + baignade + coucher de soleil y est imbattable.
L’archipel des Glénan (Fouesnant)
Le « lagon breton » n’est pas une légende marketing : autour de l’île Saint-Nicolas, le sable blanc et les hauts-fonds donnent par beau temps une eau turquoise digne des tropiques, en plus frais. On y accède en vedette à la belle saison depuis Bénodet, Concarneau ou Beg-Meil, ou en voilier pour les plus chanceux. Conseil vécu : partez sur une marée montante en journée claire, c’est là que les couleurs explosent ; et réservez la traversée en avance en été.
La Torche et la baie d’Audierne (Plomeur)

Au sud de la baie d’Audierne, la pointe de la Torche déroule un des plus beaux paysages du département : des kilomètres de sable adossés aux dunes, la houle de l’Atlantique en continu, les surfeurs à l’eau toute l’année. C’est un spot de surf de référence en France, et un but de balade spectaculaire jusqu’à la chapelle de Tronoën et son calvaire. Attention en revanche : courants puissants, baignade réservée aux zones surveillées en été. On vient ici pour l’immensité et la glisse, pas pour faire trempette avec des petits.
Les criques du Cabellou et de la côte concarnoise
Entre Concarneau et le Pouldu, la côte se découpe en criques de poche bordées de pins : le Cabellou, les anses de la baie de La Forêt côté Kerleven, les plages de Trégunc et de Névez jusqu’au port de Kerdruc. Rien de monumental ici, mais des coins de sable à taille humaine, souvent abrités, parfaits pour les fins de journée quand les grandes plages se vident lentement. C’est la côte des habitués, celle qu’on explore à vélo en suivant les panneaux plutôt qu’un guide.
Et dans le Finistère nord ?
Meneham et la côte des Légendes (Kerlouan)

Un hameau de goémoniers restauré, niché dans un chaos de blocs de granit énormes, et devant lui des anses de sable blanc à l’eau étonnamment claire. Meneham est le concentré de la côte des Légendes : minéral, venté, photogénique à toute heure. Les piscines naturelles entre les rochers font le bonheur des enfants à marée basse ; prévoyez des chaussures d’eau.
Les Blancs Sablons (Le Conquet)
Face à la presqu’île de Kermorvan, deux kilomètres et demi de sable clair ouverts sur la mer d’Iroise. C’est la grande plage sauvage de la pointe : pas de front de mer, pas de commerces, juste les dunes et l’horizon vers Ouessant et Molène. L’eau y est vive, la lumière superbe en fin de journée, et l’affluence raisonnable même en été grâce à la taille du site.
Les dunes de Kéremma (Tréflez)
En baie de Goulven, le cordon dunaire de Kéremma protège plusieurs kilomètres de plage en pente très douce : à marée basse, la mer se retire loin et l’estran devient un terrain de char à voile et de pêche à pied. Site naturel protégé, ambiance calme même en août : le nord dans ce qu’il a de plus contemplatif.
Crozon : Morgat, Pen Hat… et l’île Vierge, qu’on ne visite plus
La presqu’île de Crozon mérite un séjour à elle seule : la grande plage de Morgat et ses cabines, Goulien et sa houle régulière, Pen Hat sous la pointe du Toulinguet, sauvage et dangereuse à la baignade mais somptueuse au couchant.
Un mot honnête sur la plage de l’île Vierge, propulsée « plus belle plage d’Europe » par la presse il y a quelques années : son accès est interdit par arrêté, par terre comme par mer, depuis 2020. La falaise qui la surplombe s’érode dangereusement et la sur-fréquentation détruisait le site ; l’amende atteint 135 euros, et des dizaines de visiteurs sont verbalisés chaque été. Beaucoup de « tops plages » continuent pourtant de l’y envoyer leurs lecteurs. Le bon réflexe : l’admirer depuis le sentier côtier entre Saint-Hernot et le cap de la Chèvre, le point de vue reste autorisé et il est magnifique.
Autour de la baie de Douarnenez
Sainte-Anne-la-Palud (Plonévez-Porzay)
Une des grandes scènes du Finistère : un arc de sable immense adossé à la palud et aux dunes, la chapelle isolée au-dessus, le Menez-Hom en toile de fond. La plage est si vaste qu’elle absorbe la foule des beaux jours sans jamais paraître pleine ; à marée basse, la marche vers Kervijen est superbe. Fin août, le grand pardon de Sainte-Anne transforme le site pendant un week-end : renseignez-vous si vous aimez, ou si vous fuyez, ce genre d’événement.
Pentrez (Saint-Nic)
Trois kilomètres de sable en pente très douce au fond de la baie : l’eau monte lentement sur un estran qui chauffe au soleil, ce qui en fait une des baignades les plus confortables du département pour les enfants. Le cadre, entre Menez-Hom et pointe de Talagrip, est plus doux que spectaculaire : c’est une plage de vacances au sens le plus reposant du terme.
Et les 5 plus belles plages de Bretagne, au-delà du Finistère ?
La question revient sans cesse, alors élargissons d’un cran. Si l’on sort du département, notre podium breton ressemble à ceci :
- Les Grands Sables (île de Groix, Morbihan) : la seule grande plage convexe d’Europe, du sable clair posé sur une île qui se parcourt à vélo.
- Donnant (Belle-Île-en-Mer, Morbihan) : des dunes sauvages et une houle de bout du monde ; baignade sérieuse, décor inoubliable.
- Trestraou et la côte de granit rose (Perros-Guirec, Côtes-d’Armor) : se baigner au milieu des blocs de granit rose ne ressemble à rien d’autre.
- La plage Bonaparte (Plouha, Côtes-d’Armor) : sous les plus hautes falaises de Bretagne, chargée d’histoire : c’est d’ici que le réseau Shelburn évacuait les aviateurs alliés en 1944.
- Les criques de Bréhat et de la côte du Goëlo, à compléter avec notre guide de Paimpol et de sa région.
Mais on assume : à conditions égales de ciel et de marée, les Glénan et la côte fouesnantaise tiennent la comparaison avec n’importe laquelle d’entre elles.
Quelle plage du Finistère a une eau turquoise ?
Trois valeurs sûres, par ordre d’intensité : les Glénan évidemment, uniques en France par beau temps ; la plage des Dunes de Beg-Meil et le Cap Coz à marée haute, quand la mer recouvre le sable clair de la baie ; et les Blancs Sablons au Conquet, dont l’eau de la mer d’Iroise prend des teintes de lagon froid les jours de ciel net. Le secret est toujours le même : fond de sable clair + soleil + marée haute ou mi-marée. Un ciel voilé éteint tout, quelle que soit la plage.
Marées, drapeaux, affluence : les bons réflexes
- Consultez la marée avant de choisir votre plage : certaines (Kéremma, Mousterlin) sont superbes à marée basse, d’autres (Cap Coz, Beg-Meil) donnent leur meilleur à marée haute.
- Respectez les zones surveillées en été, surtout sur la côte ouest (La Torche, Pen Hat, baie d’Audierne) : les courants de sortie de baïne ne préviennent pas.
- Le vent d’ouest décide de tout : quand il souffle, rabattez-vous sur les plages orientées est ou sud-est (Cap Coz, Beg-Meil, Morgat).
- Stationnez sur les parkings aménagés : le littoral finistérien est protégé, et les pelouses dunaires se dégradent vite.
Où poser ses valises pour rayonner ?
Pour le sud, Fouesnant et ses environs restent la meilleure base : Beg-Meil, Cap Coz, Mousterlin et l’embarquement pour les Glénan à portée de vélo, Concarneau et Quimper à vingt minutes. C’est le coin où ce site est né : son histoire est racontée sur la page du studio de Beg-Meil, et nos conseils pour louer sans mauvaise surprise sont dans la rubrique Louer un logement.
Pour l’ouest et le nord, visez Le Conquet ou la région de Brignogan-Kerlouan : les plages des Légendes au pas de la porte, Ouessant en escapade. Et si votre route continue vers la côte nord de la Bretagne, notre guide de Paimpol et sa région prend le relais.
Questions fréquentes sur les plages du Finistère
Quel est le plus bel endroit du Finistère sud pour une journée plage ?
Le trio de Fouesnant est difficile à battre : Cap Coz pour la baignade calme en famille, plage des Dunes de Beg-Meil pour le décor, Mousterlin pour l’espace. Par très beau temps, la journée aux Glénan les surclasse tous.
Peut-on encore aller sur la plage de l’île Vierge à Crozon ?
Non. Son accès est interdit par arrêté depuis 2020, par la terre comme par la mer, sous peine d’amende de 135 euros. La falaise s’effondre et le site se dégradait. On l’admire depuis le sentier côtier, entre Saint-Hernot et le cap de la Chèvre.
Comment aller aux Glénan ?
En vedette à la belle saison au départ de Bénodet, Concarneau, Beg-Meil ou Loctudy selon les compagnies, pour l’île Saint-Nicolas. Réservez en avance en juillet-août et privilégiez une journée claire : les couleurs de l’eau en dépendent entièrement.
Quand se baigner dans le Finistère ?
De juin à septembre pour la plupart des baigneurs : l’eau reste fraîche toute l’année, mais les plages abritées du sud (Cap Coz, Beg-Meil) gagnent quelques degrés précieux l’été. Les zones surveillées ouvrent principalement en juillet-août.
